Le mur est la toile : Pourquoi le Festival MURAL est la semaine la plus importante de Montréal
Chaque juin, le boulevard Saint-Laurent se couvre d'échafaudages. Des artistes y grimpent avec des rouleaux et des bombes de peinture. Pendant onze jours, la Main se transforme en quelque chose de difficile à décrire à qui n'y a jamais été : douze mètres de peinture montent sur les briques pendant que des gens boivent un café sur la terrasse en contrebas et regardent.
C'est ça, le Festival MURAL. Du 4 au 14 juin 2026. De retour sur la Main, gratuit, 13ème édition.
Si vous n'avez jamais parcouru le boulevard pendant la semaine du festival, réparez cela cette année. Si vous visitez Montréal et que cela coïncide avec votre voyage : restez.
Ce qu'est réellement MURAL
MURAL a débuté en 2013. L'idée était simple : faire peindre des muralistes de renommée mondiale dans les rues de Montréal, en direct, en public, gratuitement. L'organisation derrière le festival, LNDMRK, a défini dès le début sa direction curatoriale. (Mise à jour rapide pour 2026 : LNDMRK a été acquise en avril par Multicolore, la même entreprise derrière Igloofest et Piknic Électronik. L'acquisition maintient la 13ème édition de MURAL intacte et l'intègre à une famille plus large d'événements culturels montréalais. Le festival continue sans changement.)
Le format est vraiment inhabituel. Des muralistes internationaux et locaux peignent directement sur les façades des bâtiments pendant onze jours, et le public ne fait que... regarder. Vous pouvez vous asseoir sur une chaise de terrasse sur Saint-Laurent, commander une bière et passer une heure à regarder un mur prendre vie. La plupart des villes mettent leur art dans des salles avec des droits d'entrée. Montréal le met dehors, par tous les temps, en plein jour.
Programmation au-delà des murales : fêtes de quartier, musique live, visites guidées, expositions en plein air, nourriture. Toute la portion de Sherbrooke à Mont-Royal fonctionne différemment pendant la semaine du festival que n'importe quel autre moment de l'année.
Artistes et murs à surveiller en 2026
Chaque édition réunit un mélange d'artistes montréalais et de noms internationaux, et tous travaillent dans un quartier où la culture du graffiti fait partie de l'environnement bâti depuis des décennies. Cette histoire est visible : de nouvelles œuvres côtoient d'anciennes, les couches s'accumulent, et tout le corridor commence à ressembler à une conversation à travers les années.
Les éditions précédentes ont produit des murs qui sont désormais de véritables repères de quartier. Les touristes les photographient sans savoir qui les a créés. Les habitants les ont croisés des centaines de fois et lèvent toujours les yeux. Les meilleurs murs de toute édition MURAL finissent par ne plus appartenir au festival et commencent à appartenir à la rue.
Les visites guidées valent la peine d'être faites au moins une fois : quatre-vingt-dix minutes, un guide bien informé, beaucoup de contexte que vous ne saisiriez pas seul. Cela change votre façon de regarder les œuvres.
Murs encore visibles
Beaucoup de ce que les éditions précédentes ont produit est toujours là. La portion près de Rachel a accumulé tellement d'œuvres que le pâté de maisons semble désormais organisé. Les rues latérales de Saint-Laurent (surtout en allant vers le nord depuis Sherbrooke) ont une densité facile à manquer si vous restez sur le corridor principal. Tournez les coins. Vérifiez les ruelles.
MURAL a également pour habitude de travailler avec des artistes avant qu'ils ne deviennent célèbres. Certains des murs les plus intéressants des premières éditions ont été réalisés par des personnes qui n'étaient pas encore largement reconnues. Suivre la programmation d'année en année est en partie une façon de savoir à qui le festival prête attention avant que le monde entier ne le fasse.
Le fait même de faire cela
Il y a quelque chose à noter à propos d'une ville qui ferme son boulevard le plus célèbre pendant onze jours et le donne aux artistes. Beaucoup de villes parlent d'art public puis le placent sur une place où personne ne passe.
La relation de Montréal à l'art de rue n'est pas nouvelle ou fabriquée. La scène graffiti du Plateau précède MURAL d'au moins une génération. Ce que le festival fait, c'est donner une plateforme à une énergie qui était déjà là, sans la nettoyer à tel point qu'elle cesserait d'être ce qu'elle était.
Cet équilibre est difficile à atteindre. MURAL est un événement sponsorisé et soutenu par la ville. Les murs donnent toujours l'impression de lutter contre quelque chose. Les deux choses sont vraies en même temps, c'est pourquoi ça marche.
Pourquoi Blem est là
Le langage visuel de Blem (les ailes, les étoiles, les racines du graffiti) est issu de ces rues. Pas d'un tableau d'inspiration. De Saint-Laurent spécifiquement. Du Plateau plus largement. Le même écosystème que MURAL célèbre chaque juin est celui d'où la marque est née.
L'étoile dans le travail de Blem n'est pas seulement décorative. Il s'agit d'une imperfection visant quelque chose : l'idée que l'effort compte plus que d'arriver propre. L'art de rue fonctionne de la même manière. Il est créé par tous les temps, s'estompe, est vu par des gens qui n'ont pas demandé à le voir. Il n'attend pas les bonnes conditions.
Blem sera à MURAL cette année. Parcourant le boulevard, regardant les murs. Pas d'installation, pas de sponsoring. Juste présent.
Le Festival MURAL se déroule du 4 au 14 juin 2026 sur le boulevard Saint-Laurent. Toute la programmation est gratuite.
Photos et documentation des murs à venir sur le blog Blem une fois le festival terminé.